mar. 23 mars 20H30
Vîrus
La Foi du Charbonneur - Chants de labeur & poésie prolétarienne à travers les siècles
“Je pense que bientôt chaque catégorie sociale, chaque corporation aura ses écrivains qui conteront l’âme juste et la vie vraie des gens de leur classe ; ainsi le roman deviendra plus sincère et la poésie plus humaine…”
Emile GUILLAUMIN (1873-1951)
Cette création est une tentative de reconquête poétique et politique de la mémoire ouvrière et paysanne, à travers une forme contemporaine et percutante. À travers la voix de Vîrus et les œuvres issues du Fonds Henry Poulaille, c’est une mémoire refoulée qui revient, une langue du peuple qui vibre et vit loin de tout folklore ou d’une lecture muséale. Cette rencontre entre patrimoine littéraire et musiques actuelles ravive une parole vive, indocile et la fait résonner au présent, dans toute sa nécessité.
Ce projet est né de la rencontre entre Henry Poulaille -écrivain autodidacte, pacifiste, directeur de revues littéraires et du service presse des éditions Grasset, chef de file de la littérature prolétarienne de l’entre-deux-guerres- et Vîrus -rappeur aux textes ciselés, chantre des marges et de la langue verte-.
Au cours de sa vie, Henry Poulaille a recueilli et recensé nouvelles, recueils de poésies et chansons, essais et romans écrits par des ouvriers et des paysans, du moyen âge à l’époque contemporaine. Il a créé et défini le concept de littérature prolétarienne : une littérature écrite par les ouvriers, les paysans et autodidactes, indépendamment de tout engagement politique. À sa mort en 1980, il a légué l’ensemble de ses archives, le Fonds Henry Poulaille. Un projet de sauvegarde et de valorisation de ce Fonds a été initié par l’historien Thomas Le Roux (CNRS/ EHESS/CRH) qui au début des années 2020, a convaincu l’École des Hautes Études en Sciences Sociales de soutenir le projet. Vîrus a lui engagé, à partir de 2016, un travail à partir des œuvres du poète Jehan Rictus et de l’adaptation de son recueil Les Soliloques du Pauvre. Depuis, il ne cesse d’entremêler ses propre écrits à ceux de poètes et poétesses rencontrés au fil de ses pérégrinations (Georges Arnaud, Arthur Cravan, Lil Boël, Jules Mousseron...).
En découvrant l’importance de ce Fonds et les trésors oubliés qu’il recèle, a germé l’envie chez Vîrus d’en fouiller les entrailles et d’en extraire le nectar pour créer un spectacle musical articulé autour des œuvres qui le composent ; dont les écrits, correspondances, manuscrits et textes qu’il contient résonnent singulièrement avec les problématiques sociales et politiques actuelles ! Ces œuvres, ancrées dans l’histoire des paroles ouvrières et paysannes, dans une exigence d’écriture populaire et sociale, dialoguent avec les écrits de Vîrus, sa scansion, sa musicalité métallique et tendue, son goût de la contre-allée et des argots de différents lieux, cultures et époques. À travers ce projet, il ne s’agit pas simplement d’adapter et mettre en musique des textes, mais bien d’ouvrir un dialogue entre les époques et les formes, et de faire entendre, par le corps et la voix de Vîrus, l’actualité brûlante de ces paroles et de ces écrits mésestimés voire ignorés. Une création musicale permettant au verbe de respirer, de frapper, de vibrer !
COLLABORATIONS ARTISTIQUES
Banane : création musicale
Matthieu Delaune : création lumières
David Gauchard (Compagnie L'Unijambiste) : regard extérieur, scénographie